Présentation de l'enquête

Au sein de ces salariés, on trouve 40% de personnes qui souffrent d'une insuffisance veineuse chronique.

Ce chiffre est supérieur à la moyenne nationale habituellement citée. Comme il s'agit uniquement d'actifs, on aurait pu s'attendre à un chiffre inférieur à la moyenne, puisque l'insuffisance veineuse est une maladie dont la fréquence croît avec l'âge. Ce chiffre suggère que la fréquence de cette maladie est, en fait, sous-évaluée.

83% des salariés qui ont une insuffisance veineuse sont des femmes alors qu'elles ne représentent que 58% de la population étudiée. L'âge moyen est de 40 ans. Ces chiffres confirment les données médicales connues.

Pour les trois quarts des personnes qui souffrent d'insuffisance veineuse, la maladie remonte à 3 ans ou plus.

Elle se manifeste par des varices pour un salarié sur deux. Un tiers d'entre eux a des jambes lourdes et douloureuses tous les jours, et un sur quatre présente un oedême des jambes.

Relation entre la présence de l'insuffisance veineuse et la posture de travail

Dans cette enquête, on ne retrouve pas le travail debout comme facteur de risque si la position occupée au travail est celle constatée au moment de l'examen ; cela suggère que les personnes à risque d'insuffisance veineuse sont actuellement mieux surveillées et écartées des postes de travail nécessitant de rester debout la plupart du temps. La proportion d'insuffisants veineux est plus forte chez les employés (49%) que chez les ouvriers (15%). Ce qui est certainement lié au fait que les employés sont souvent des femmes.

Cependant, chez les personnes qui ont des varices, on voit que la posture de travail est en relation avec la présence de varices. Il s'agit de la station debout pour les hommes et de la position en antéflexion (c'est-à-dire à genoux ou accroupi) pour les femmes.

En revanche, d'autres facteurs professionnels apparaissent en relation avec la présence de la maladie veineuse. Il s'agit surtout de l'ambiance thermique du lieu de travail. Humidité et chaleur sont en relation avec les troubles.

Lien entre la maladie veineuse et le sexe

Les femmes forment les 4/5 de l'effectif des insuffisants veineux. Elles ont d'autant plus de risque qu'elles sont plus âgées, qu'elles ont eu des grossesses multiples et qu'elles ont des règles douloureuses ou perturbées.

Chez les femmes qui souffrent, la maladie veineuse date de plus de trois ans pour les 3/4 d'entre elles. Elle se manifeste plus souvent par la sensation de jambes lourdes et douloureuses chaque jour, accompagnées très souvent de varicosités et parfois d'oedèmes.

Les hommes qui souffrent ont plus souvent des varices (58%) ; Ils portent souvent des charges lourdes dans leur métier.

Pour les deux sexes, l'obésité n'est pas liée à l'insuffisance veineuse, mais elle en relation avec la présence de varices.

Consommation de soins et activité professionnelle

Les arrêts-maladie ne sont pas plus nombreux dans le groupe qui souffre d'insuffisance veineuse que dans le groupe qui n'en souffre pas.

Enfin, les hommes s'arrêtent davantage et plus souvent que les femmes.

Par ailleurs, on retrouve plus de consommation médicale dans le groupe qui souffre d'insuffisance veineuse : les hommes consultent prioritairement leur médecin généraliste, tandis que les femmes s'adressent à l'angiologue ou au gynécologue médical.

Les personnes souffrant d'insuffisance veineuse prennent plus de médicaments, de façon générale. Pourtant elles ne sont qu'un tiers à prendre des phlébotropes.

> Insuffisance veineuse et conditions de travail